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Béatrice Monnet

Les malheurs de Java ajouté le 27 mars 2011

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Java galgaUn lévrier qui s’échappe peu de temps après son adoption est, pour nous, le pire des cauchemars. Désorienté par un environnement inconnu, apeuré par les bruits nouveaux et par les gens, le lévrier régresse dans un état semi sauvage qui lui fait courir tous les dangers. Ce fut le cas de Java (prononcer « raba » en Espagnol). Deux jours après son adoption, Java s’est enfuie par la porte d’entrée qu’une des filles de la famille tenait ouverte. Malgré les appels de sa maîtresse, et pour finir ses supplications pour qu’elle revienne, Java a tourné nonchalamment la tête, comme pour dire au revoir, et elle s’en est allée tranquillement. Impossible de la rattraper ! La liberté ! Jusqu’à présent, Java avait passé sa vie enfermée dans une sorte de bunker sans fenêtre, à même le sol, nourrie de pain sec et d’eau. Son galguero la cachait des voleurs ! Il la sortait seulement pour la chasse aux lièvres. De temps en temps. Et puis, un jour, il n’en a plus voulu. Il l’a donné à l’association Perrikus pour s’en débarrasser comme un vieux meuble dont on ne veut plus.

Java était extrêmement craintive. Comme tous les galgos que nous sauvons, elle ne connaissait rien de la vie en maison. La première fois qu’elle est arrivée dans l’appartement de sa famille d’accueil en Espagne, elle s’est jetée contre les fenêtres. Nous avons longtemps hésité avant de la faire venir. J’avais donné ma parole à Cristina que je veillerais personnellement sur elle… Il ne devait rien lui arriver. Le destin en avait décidé autrement. Le premier jour, elle a été aperçue plusieurs fois dans les dunes de la plage de Berck. Sa famille lui courait après, mais en vain. Plus ils couraient derrière elle, plus elle s’en allait. C’était un film sans fin. Il est inutile de courir après un galgo. Il sera toujours plus rapide. Il faut au contraire aller dans le sens inverse en l’appelant. Epuisés, Isabelle, Marine et Jules n’étaient pas expérimentés. Ils ont fini par renoncer. Java allait passer sa première nuit dehors. Le lendemain, elle fut signalée en ville, puis plus rien. Alors, l’angoisse a commencé à monter. Que lui était-il arrivé ? Les scénarios les plus terribles s’imposaient à nous. Et si elle est en ville, elle va se faire écraser par une voiture ? Si au contraire, elle part vers les champs alentours, elle risque d’être prise dans un piège posé par un chasseur ? Et si elle se terre quelque part, comment la retrouver dans toute cette immensité ? Ici, il y a des champs et des forêts à perte de vue. D’ailleurs, même si quelqu’un la voit, personne ne pourra l’attraper. Cette folle errance pouvait durer des jours et des jours pour se terminer dans la mort.

Java fut aperçue encore plusieurs fois. Barbara et Sylvain qui étaient venus en renfort avaient même failli l’avoir en la dirigeant dans une impasse fermée par des grillages. Mais la belle fut plus rapide et elle a réussi à se faufiler par un trou. Après une semaine d’errance, l’angoisse était à son comble. Marine et moi, nous posions des affiches partout dans la ville. Une solidarité générale s’était formée pour retrouver la lévrier blanche. Java nous était décrite sale et amaigrie. Blessée, elle s’était mise à boiter. Combien de temps allait-elle tenir encore ?

Puis, le couperet est tombé. J’étais venue avec mes galgas pour nous aider dans nos recherches. Dans la rue, une femme nous sourit tristement en nous disant : « ils sont beaux vos lévriers. Je viens d’en voir un qui n’a pas eu leur chance. Il est allongé au bord de la route. Il est blanc ». « Morte ? Est-ce qu’elle est morte ? », « Je crois que oui », nous dit la femme. « Où ? Où est-elle ? Je veux la voir ? Peut être qu’elle respire encore ? Il ne faut pas perdre de temps… Nos yeux se sont voilés de larmes. Cet après-midi là fut interminable. Nous avons fait la route où elle nous était signalée une bonne dizaine de fois… sans rien voir. Un chien mort ne peut pas disparaître comme ça ? On a fouillé les terres derrière la route, pataugeant dans la terre engorgée d’eau, le regard désespéré. On s’était dit qu’elle n’était peut être « que » blessée et qu’elle s’était réfugiée dans les buissons. Rien. Le service technique de la ville nous assurait qu’il n’avait ramassé aucun chien mort ce jour là. Alors, nous sommes rentrés, le cœur serré. Java courait toujours. Le soir même, un maître chien nous appelle pour nous dire qu’elle rôde sur un parking d’un hypermarché. Une véritable course poursuite va alors commencer. Marine monte avec moi dans la voiture tandis qu’Isabelle nous suit. Jules nous avait donné un filet de pèche pour l’immobiliser. Nous démarrons en trombe, le maître chien nous indique le chemin qu’elle a pris. Une ligne droite. On la voit au loin. Maigre à faire peur, Java n’est plus que l’ombre d’elle même. Et pourtant ! Elle voit arriver la voiture. Elle commence à accélérer le pas. J’appuie sur l’accélérateur. Elle se met à courir. Voyant que je vais la dépasser, elle change de trottoir. Moi aussi. Je la double. Java court à côté de moi et moi, je roule en sens inverse… je jette le filet de pèche un peu au hasard. Par chance, il retombe sur elle. Elle s’arrête, surprise. Je m’arrête en travers du trottoir pour l’empêcher de partir. Isabelle la bloque à l’arrière. Je descends, le cœur battant, trop énervée. Elle est à un mètre de moi. Elle me regarde, tête baissée, ses grands yeux remplis de peur. Ne bouge pas. Par pitié, ne bouge pas… Trop tard. Java a réussi à se démêler les pattes du filet et elle a déjà repris sa course folle. Nous ne la reverrons pas ce soir là.

Le lendemain, Java fait encore plus fort. Elle est entrée par le plus curieux des hasards dans la caserne des pompiers. Cette fois, on la tient. Les pompiers ferment toutes les portes. Ils sont 15 à refermer le cercle autour d’elle. C’est alors qu’ils n’en croient pas leurs yeux. Java est si maigre qu’elle a réussi à passer entre les barreaux. La frêle Java s’était évaporée ! Dix jours qu’elle était partie. Elle était maintenant trop faible pour attraper du gibier. Affamée, elle se rapprochait de plus en plus des habitations. Pour finir, Java est entrée dans un jardin. La belle princesse en était réduite à faire les poubelles. Doucement, Isabelle, alertée, a refermé le portail derrière elle. Elle a glissé ses mains entre les barreaux et lui a enroulé sa laisse autour du cou. Java était sauvée ! Elle a dormi pendant deux jours d’affilée. Aujourd’hui, Java va bien. Elle a déjà repris 2 kilos. Java, princesse farouche de Madrid, a trouvé l’amour. Béatrice Monnet

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